Blablatoscope

Le syndrome « montagne russe » des profs

En lisant mon article « Prof, ‘est-ce vraiment une bonne planque? », une lectrice m’a fait HNCK87731remarquer que je dressais un portrait négatif de la profession. Si le but était surtout de montrer qu’au-delà des vacances toutes les 7 semaines les profs ne sont pas des feignass, je dois admettre que j’étais aussi dans une période assez négative professionnellement parlant. J’étais dans un looping de la montagne russe.

Quoi? Une montagne russe? Attrape ta tasse de chocolat chaud, un plaid, un gros chat et viens-là que je te raconte.

Quand je me suis inscrite pour passer mon diplôme d’enseignante (ou PGCE pour les anglophones), nos maîtres yoda à l’université  ont été cash avec nous « Vous verrez, être prof, c’est un métier en montagnes russes: un coup ça va super et le lendemain vous avez juste envie de tout plaquer! »

En entendant cela, ma première réaction était « Oh, ils exagèrent ». Eh bien… non! Être prof, c’est monter dans un grand huit en septembre et n’en descendre qu’à la fin de l’année. Il y a des jours où tout marche, où mes élèves se tiennent à carreaux, où j’arrive à créer de superbes leçons, où je suis organisée et arrive à jongler entre correction de cahiers et préparations des cours…

…et il y a des jours où je me demande « Mais pourquoi ai-je voulu devenir prof? ». Ces jours-là, ce sont les jours où je n’arrive pas à gérer mes classes, où mes leçons sont nulles, où mes élèves ne sont pas reconnaissants, où je suis débordée, où je reçois des réflexions sur mon travail,où je dois appeler 15 parents par soirée, où j’ai pleins de réunions après l’école… et ces jour-là, je me dis que tout serait tellement plus simple si j’avais un petit boulot 8h-17h où je n’aurais que moi à gérer.

Bien heureusement, ces moments négatifs ne durent pas. Je le sais, tous les profs le savent: des bons moments vont arriver bientôt, la roue va tourner! Pour ma part, j’ai eu un soutien infaillible de mes collègues et de très bons conseils pour m’aider à contrecarrer mes faiblesses. J’ai su me sortir de ce looping où j’étais coincée depuis octobre. Novembre est le mois du changement.

Je ne pense pas que « le syndrome montagnes russes » soit  de la bipolarité ou que nous autres les profs sommes un peu pas bien dans nos têtes. C’est tout simplement un métier qui demande un investissement personnel énorme ainsi que beaucoup d’énergie. Il suffit de peu pour faire tourner la roue du moral dans un sens ou un autre. Cette semaine, j’ai réussi à gérer deux classes qui étaient mes deux gros challenges. J’ai réussi à corriger les cahiers de deux grosses classes. Mes élèves ont passé leur oral de français avec brio. Vendredi soir, avant de partir, une élève m’a dit que j’étais un modèle pour elle. Voilà, ma semaine était superbe. Je ne dis pas, il y a eu des embûches, mais ces bons moments ont pris le dessus. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de tout plaquer pour avoir un boulot « pépouze » car je sais que je ne vivrais pas ces petits moments qui me mettent tout en joie et qui me font parfois presque pleurer de bonheur. (Quoi? C’est vrai? Ce n’est pas en travaillant dans un bureau par exemple que je recevrais de magnifiques dessins me représentant avec des lèvres pulpeuses et une taille de guêpe avec comme titre « Meilleure prof du monde »).

J’aurais encore d’autres looping durant cette année scolaire, de très bons moments et de moins bons, je le sais. Je profite pour l’instant d’être dans une période calme de ma montagne russe.

J’aime mon métier.

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8 commentaires sur “Le syndrome « montagne russe » des profs

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