L'Asie·Le Japon

Bilan de 7 mois et demi au Japon

Mon pvt s’achève officiellement en ce 22 mai 2017. J’ai passé sept mois et demi au Japon et il s’est passé tellement de choses ! Je pensais que faire un petit bilan sur cette expérience et tirer le rideau de fin était un passage obligatoire.

Je prends du plaisir à revoir la Hélène de novembre 2016 qui venait d’achever son premier mois au Japon, pleine d’enthousiasme et curieuse de voir ce qui l’attend par la suite. Qu’elle est mignonne!

Qu’est-ce qui a changé entre le 1er mois et le 7ème mois?

Le japonais

nihongo.png

Quand j’ai écrit ma lettre de motivation pour le pvt Japon, j’avais précisé dans un paragraphe:

« Apprenant le japonais, ce visa Vacances-Travail me permettra durant mon séjour de mettre en pratique les notions acquises durant mes formations avec l’intention d’améliorer mon niveau, de pouvoir être parfaitement à l’aise »

Je ne suis pas devenue bilingue mais j’avoue avec fierté que mon niveau de japonais s’est amélioré. J’ai pu prendre des cours de japonais lorsque j’étais à Matsuyama (cours particuliers et stage intensif) et ça m’a clairement débloquée.

Je lis les kana avec facilité, je reconnais quelques kanjis récurrents, je comprends mes interlocuteurs et peut facilement demander de l’aide quand je sors. J’ai acheté pas mal de livres pour continuer d’améliorer mon niveau. J’ai pour petit rêve de passer le JLPT 5 mais les kanjis me démotivent pas mal.

Le volontariat

silence.png

Au total, j’ai fait quatre volontariats différents:

  • Aider dans un refuge pour animaux
  • Gérer une association de défense pour animaux/Aider dans des écoles maternelles japonaises
  • Aider dans une guesthouse
  • Aider dans une auberge de jeunesse

J’ai été dans l’ensemble contente de ces différentes expériences qui’ m’ont permis de me rendre utile et de rencontrer parfois de super personnes. Cela m’a donné aussi un bon aperçu du milieu associatif et de la gestion d’une asso qui est loin d’être aussi clean qu’on veut bien nous le faire croire. (Bonjour télé-magouilles) On ne me la fera plus les « Non mais l’argent des dons sert exclusivement à faire tourner l’asso ». C’est cela oui…

Cela m’a aussi permis de prendre plus de recul au niveau du travail en lui-même et de mes patrons. Je me suis moins rendue malade de perfectionnisme avec le temps comme j’avais l’habitude de le faire avant. Mon patron n’est pas un dieu tout puissant et j’ai le droit d’être respectée en tant que personne.

Le Japon: les sorties/découvertes

CIMG5395.JPG

Ce qui m’a fait rire dans la première vidéo bilan, c’est la petite Hélène peureuse de prendre le bus. Alala, si tu savais! J’ai pris le bus un milliard de fois, le ferry, le train, le métro et même le vélo pendant 41km!

J’ai tellement bougé durant ce PVT et je suis tellement heureuse d’avoir découvert autant de jolis endroits! Je n’ai pas coché toutes les cases de ma Bucket List spécial Japon mais j’ai fait bien d’autres découvertes qui compensent largement.

Et sûrement pleins d’autres expériences que j’ai oubliées…

Le seul regret serait peut être de n’avoir pas exploré le nord du Japon avec Fukuoka et les îles japonaises comme Okinawa. Mais bon, une prochaine fois peut-être!

La vie à la japonaise

CIMG6143.JPG

La vie japonaise est très différente de la vie en Europe. J’ai adoré me balader en sécurité dans les rues, la politesse des gens, la propreté des lieux, les temples que l’on découvre au détour d’une rue, les passants en kimonos, les gens qui se font discrets dans les transports en commun…

Mais il y a aussi pleins de petites choses qui m’ont agacée et d’autres plus importantes qui font que je ne me projette pas sur du long terme au Japon. Je ne reprendrai pas les idées que j’avais déjà développé dans un article assez « léger » (attendre au feu rouge, pas de poubelle dans les rues, les sacs plastiques, les prix hors taxes) mais j’aimerais en développer de nouveaux.

  • La pollution sonore

Le premier serait la pollution sonore qui existe au Japon. Où que l’on va, il y a toujours du bruit venant soit d’un employé, soit d’une voix enregistrée en haut parleur. Ces annonces s’enchaînent à un rythme effréné qui devient vite étouffant voire insupportable. Dans le bus, on peut entendre à la suite « Dans un instant, on arrive à la station de Tokyo, Tokyo. Connexion avec les lignes numéro A, B, C du métro et les lignes … » puis traduit en chinois, coréen et anglais pour le peu que l’on soit chanceux . « attention on s’arrête », « attention, on redémarre », « la porte s’ouvre », « la porte se ferme » Haaaa mais stop!

J’avais lu un article d’une personne qui parlait de cette pollution sonore et qui trouvait ça bien ironique de faire des annonces « Éteignez votre portable pour ne pas déranger les autres passagers » quand on voit le boucan permanent qu’il y a dans les transports en commun à cause de ces annonces.

  • Le sur-emballage 

Le zéro déchet, ils ne connaissent pas au Japon. Tout est sur-emballé et après 7 mois, ça me rend juste malade! Par exemple, quand je vais m’acheter du pain à la boulangerie, le bain à déjà un petit emballage, la caissière va m’en rajouter un en plastique transparent puis un autre plastique comme sac pour le transporter. Et si vous dites non, olala, mais vous les perdez totalement: « Quoi? Pas de plastique? Non mais prenez-le quand même! » Merci?

Et quand ce ne sont pas les sacs, c’est tout le reste qui est en plastique: couverts, serviettes pour s’essuyer, boite bento, bols, assiettes…TOUT EST EN PLASTIQUE!

  • Le manque de variété dans mon assiette

Sans titre.png

Il y a rarement des options végétarienne au Japon (à part la salade, tu veux de la salade pendant 200 jours ma petite tortue?). Il y a toujours de la viande, du poisson ou je ne sais quoi dans leurs plats et le peu de fois où j’ai demandé « non mais le topping au poulpe, ne le rajoutez pas » ils m’ont regardé comme si je leur demandais de faire décoller une fusée. Il y a peu de place pour les exceptions au Japon. Alors oui, je peux cuisiner chez moi mais il faut voir les prix des légumes et fruits, juste impossible d’avoir une alimentation végétarienne et équilibrée. Ou alors si c’est possible mais le budget course explose. J’ai doublé voire triplé mon budget bouffe en habitant au Japon… Et au final, je ne mangeais pas tellement varié: des nouilles, de la soupe, du riz, des patates douces…on a vite fait le tour! Pas de place pour la fantasie quand on a un budget restreint (quand on voit que le fromage est à 8€, les graines de chia à 10€ ou la pomme à 2€, bah tu restes en mode ramen). 

Il y a pleins d’autres points qui ne jouent pas en la faveur du Japon (on ne vit que pour son travail ici, le respect à tout prix même quand ce sont les autres qui te chient dans les bottes, le prix affolant des transports…) et tout cela mis bout à bout me confortent dans mon choix de rentrer en Europe.

Moi

CIMG5461.JPG

Il est difficile de savoir à quel point j’ai changé ou non depuis mon arrivée au Japon. Je ne pense pas être la mieux placée pour constater ce changement.

  • Vivre dans un pays si différent et si loin du mien m’a fait réaliser à quel point j’aime l’Europe et que mon futur nid sera clairement en Europe. 7 mois sans la France a été très long… De même, en Angleterre, il était tellement plus simple d’être écolo et végétarienne. Clairement, mon idéal de vie sera plus facile à atteindre dans l’un de ces deux pays.
  • Je pense aussi que j’aspire maintenant à me poser quelque part où je peux déballer mes valises et cuisiner réellement…bref, un chez-moi ! J’aurai toujours envie de voyager, je ne suis pas Travelling Petit Pain pour rien, ne vous méprenez pas. Mais je pense que ces voyages seront sûrement plus court. J’ai besoin de me poser, j’aspire à me poser.
  • Je suis beaucoup plus zen que lorsque je suis arrivée. Même si certaines choses me tiennent à cœur, je n’ai plus autant la volonté de convaincre à tout prix. Je vis ma vie et tant mieux si ce que je fais peut éveiller une certaine curiosité, sinon tant pis.
  • J’ai pris un peu confiance en moi en vivant dans un pays où je ne connaissais pas la langue, les coutumes ou les habitants. Je suis arrivée en octobre seule avec mes deux valises et ai réussi à m’orienter dans la cambrousse japonaise seule sans wifi. J’ai traversé les îles japonaises à vélo, sac au dos… Je me suis bien dégourdie!
  • Je me suis remise au vélo et j’ai fait tellement de balades avec que j’en suis devenue accro. J’espère garder le rythme et m’acheter un vélo bientôt. Je veux vraiment reprendre le sport!
  • J’ai réussi à me mettre dans une routine yoga/méditation qui m’a fait énormément de bien et que j’aimerais aussi continuer. Pourquoi pas prendre des cours de yoga aussi?
  • Je suis cependant toujours affectée par ma période peu joyeuse de l’an passé. Avec l’approche du départ, j’ai eu les raisons de mon départ qui me sont revenues dans la face et je me suis surprise à faire des crises d’angoisses. A mon retour, j’espère pouvoir écrire une nouvelle page de ma vie professionnelle qui sera plus douce et calme.
  • Je demanderai le reste à ma famille et mes amis, eux aussi pourront constater les changements
changement
source

Est-ce qu’un pays vous a changé un jour?

Merci d’avoir suivi mes aventures au Japon 🙂 Je pense que ce n’est pas la fin des articles concernant mon pvt et que j’en publierai quelques uns encore.

Ce n’est pas non plus la fin de mes voyages: prochaines destinations, l’Angleterre et l’Allemagne!

Publicités

6 commentaires sur “Bilan de 7 mois et demi au Japon

  1. Super bilan 🙂 On dirait que tu en a bien profite en tous cas, you made the most of it!
    J’ai bcp appris en Ecosse et au Canada aussi! Certains changements viennent probablement de l’aaaaage, mais j’ai appris a etre moi meme, mettre de la couleur, aimer le sport et le grand air

    Aimé par 1 personne

    1. Les voyages, cela nous grandit ! 🙂
      J’avoue que le retour en France et le choc des cultures est un peu spécial en revanche. Parfois, je ne me reconnais plus trop dans le modèle français. Je vais voir si cela me fait la même chose pour l’Angleterre…

      J'aime

      1. Pareil, j’ai beaucoup de mal avec le modele francais… C’est une des raisons pour lesquels je ne pense pas rentrer un jour… J’espere que la transistion vers l’Angleterre se passera bien 🙂 Comment ton homme a-t-il vecu tout ca?

        Aimé par 1 personne

      2. Je ne sais pas trop, on n’en a pas vraiment parlé… On a du mal je dirais sur des petites choses du style arrêter de s’incliner pour dire merci ou bonjour comme les japonais le font. Je pense que le choc se fera plus quand il rentrera dans son pays natal.

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s